QUÉBEC – Dans un geste sans précédent visant à désengorger le processus législatif et à assainir les finances publiques, le gouvernement du Québec a fait adopter, tard hier soir, le projet de loi 101.5, surnommé familièrement la « Loi du Shifumi Législatif ». Désormais, tout désaccord persistant lors des débats à l’Assemblée nationale devra obligatoirement se régler par une partie officielle de roche-papier-ciseau.
Le texte de loi, adopté à une majorité écrasante (après un duel mémorable entre le leader du gouvernement et celui de l’opposition qui s’est soldé par une victoire de la « roche » sur le « ciseau »), stipule que cette méthode deviendra l’outil de dernier recours pour trancher les amendements, les motions et, surtout, l’adoption finale du budget provincial.
« Nous étions face à un mur », a expliqué la présidente de l’Assemblée nationale, arborant un sourire soulagé. « Les comités parlementaires s’éternisaient, les salaires explosaient et on n’avançait pas. Avec cette nouvelle loi, on s’attend à économiser 14 millions de dollars par année en frais de comités. C’est de l’argent qu’on pourra réinvestir… peut-être dans des formations de haut niveau en shifumi pour nos élus. »
Concrètement, lorsqu’un débat piétine depuis plus de 30 minutes, un huissier apporte une table de jeu officielle au centre du Salon bleu. Les représentants de chaque parti s’affrontent alors dans un « 2 de 3 » réglementaire. Le verdict est sans appel et inscrit immédiatement au Journal des débats. Les cris de « Roche! Papier! Ciseau! » résonneront désormais sous les voûtes historiques.
Déjà, les partis aiguisent leurs stratégies. Le Parti Québécois aurait, selon des sources, recruté un ancien champion canadien de shifumi comme consultant spécial. Le Parti Libéral, quant à lui, s’inquiète du manque de transparence si les duels se jouent à huis clos.
Du côté du gouvernement, on se félicite de cette avancée démocratique et pragmatique. « C’est rapide, c’est pas cher, pi au moins, tout le monde comprend les règles, même après une longue soirée », a commenté un ministre sous le couvert de l’anonymat, tout en s’exerçant fébrilement à former un « ciseau » parfait. La population, quant à elle, semble partagée entre l’incrédulité et le soulagement de voir enfin les choses bouger. Reste à voir si la « roche » du gouvernement saura toujours écraser le « ciseau » de l’opposition lors de l’adoption du prochain budget.


